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Jeudi 3 avril 2008
 

« Les entreprises plutôt séduites par la réforme des universités

[ 03/04/08 ]

 

Hier soir, elle remettait le prix de la jeune entreprise innovante. Ces trois dernières semaines, elle a rencontré Anne Lauvergeon (Areva), Didier Lombard (France Télécom), Christophe de Margerie (Total) et Gérard Mestrallet (Suez), avant de discourir devant le Medef... La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, joue les VRP de sa réforme des universités auprès des grands patrons. La loi d'août 2007 a grand ouvert aux entreprises les portes des universités. Elles peuvent désormais siéger aux conseils d'administration, offrir des stages et des emplois via les bureaux d'insertion professionnelle, mais aussi financer des chaires et des projets dans le cadre des nouvelles fondations (lire ci-contre).

 

Se montreront-elles intéressées ? La participation aux conseils d'administration semble en tous cas les séduire. Le ministère dit avoir trouvé des PME candidates, mais les pionnières se recrutent surtout parmi les grands groupes : L'Oréal, Michelin, La Poste, etc. Total, par exemple, pourrait rentrer dans plusieurs CA, tout comme la Société Générale.

 

« Nous choisirons en fonction des programmes de recherche et de nos besoins de recrutement », explique Jean-François Minster, directeur scientifique de Total. Une approche typique : les entreprises souhaitent d'autant plus resserrer les liens avec les universités que la pénurie annoncée de jeunes diplômés les oblige à ne plus dédaigner les profils universitaires. « L'objectif est de toucher les étudiants, en sciences humaines notamment, pour lesquels l'entreprise ne semble parfois même pas exister », explique Frédéric Vaquié, directeur du recrutement de la Société Générale.

 

Ne plus s'ignorer

Les entreprises devront toutefois trouver le juste milieu entre collaboration et interventionnisme. Comme l'a rappelé mi-mars Michel Pébereau, le patron de BNP Paribas, lors d'un colloque organisé par le Medef, « elles ne seront pas là pour transformer les cursus en formation professionnelle, mais faire en sorte que l'université et le monde du travail ne s'ignorent plus ». Un discours destiné à rassurer les étudiants qui avaient, cet automne, dénoncé une « privatisation des facs ».

 

Mais le nerf de la guerre est évidemment financier. Une trentaine d'établissements sont déjà dans les starting-blocks pour bâtir une fondation ouverte aux financements privés - les décrets d'application doivent sortir ces prochains jours. La chasse est d'autant plus ardue que les grandes écoles, soutenues par le réseau des CCI, ont une longueur d'avance. Inexpérimentées, les universités hésitent encore sur la stratégie à adopter. Les plus grandes choisiront sans doute les fondations partenariales, qui nécessitent l'appui d'un solide réseau d'entreprises. Dans les villes moyennes, « ce sera sans doute plus compliqué et l'on privilégiera les fondations universitaires », souligne Michel Lussaut, porte-parole des 85 universités.

 

Là aussi, les grandes entreprises se disent prêtes à jouer le jeu. « On a déjà des budgets consacrés aux facultés, sous forme de dons ou de partenariats de recherche ; les fondations sont plus intéressantes fiscalement et vont permettre de monter, en réunissant plusieurs entreprises, des projets d'une plus grande échelle », juge ainsi la Société Générale. « C'est un bel outil en complément des partenariats déjà en place avec des chaires universitaires, mais il ne faut pas non plus croire que cela résoudra entièrement le problème de financement des universités », prévient toutefois Total.

 

LAURENCE ALBERT ET DEREK PERROTTE

 

De nouveaux liens

La loi resserre le conseil d'administration à 20 ou 30 membres dont au moins un chef d'entreprise ou cadre dirigeant. Les universités qui ont renouvelé leur conseil en ont recruté deux en moyenne.

La loi créé deux types de fondations : les fondations « partenariales », qui s'apparentent aux fondations d'entreprises déjà existantes, réunissent les universités et d'autres organismes autour de projets. Les fondations « universitaires » sont dépourvues de personnalité morale : le don s'apparente davantage à du mécénat.

Entreprises. La loi assouplit et étend les régimes de réduction fiscale pour les dons effectués en faveur de l'enseignement supérieur et de la recherche (doctorat, fondations...). Les entreprises peuvent bénéficier d'une réduction d'impôts de 60 % du montant du versement, dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires. »

 

Source: Les echos - http://www.lesechos.fr/info/france/4709786.htm?xtor=RSS-2094

Par Arnaud Evrard - Publié dans : Education
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